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GUIDE Mis à jour le 26 août 2026

Salaire d'un chauffeur VTC :
ce qui reste vraiment

Nous n'affichons pas de moyenne nationale : elle ne veut rien dire. Voici la méthode de calcul complète, poste par poste, pour arriver à votre chiffre à vous.

Pourquoi les moyennes que vous lisez sont fausses

Les chiffres qui circulent — « un chauffeur VTC gagne X € par mois » — mélangent trois choses différentes : le chiffre d'affaires encaissé, le bénéfice avant cotisations, et le revenu réellement disponible. Entre le premier et le dernier, l'écart dépasse souvent 45 %.

Ils ignorent aussi les trois variables qui font toute la différence : le coût du véhicule (possédé, loué, financé), le nombre de kilomètres nécessaires pour atteindre le chiffre d'affaires, et le statut juridique. Deux chauffeurs affichant le même montant dans leur application peuvent terminer le mois avec 800 € d'écart.

La seule question utile est donc : que reste-t-il de mon chiffre d'affaires à moi ?

Du montant affiché à l'argent disponible : quatre ponctions

Le montant que vous voyez dans l'application est déjà net de la commission de la plateforme. À partir de là, quatre postes viennent le réduire, dans cet ordre.

1. Le véhicule

C'est presque toujours le premier poste de dépense. Location longue durée, crédit, ou amortissement d'un véhicule possédé : dans tous les cas, un coût mensuel. S'y ajoutent l'assurance professionnelle — obligatoire et sensiblement plus chère qu'une assurance particulier — l'entretien, les pneus et le contrôle technique.

2. Le carburant ou la recharge

Le poste qui varie le plus. Il ne dépend pas de votre chiffre d'affaires mais de vos kilomètres, y compris les kilomètres à vide entre deux courses, qui ne rapportent rien.

3. Les cotisations sociales

En micro-entreprise, elles se calculent sur le chiffre d'affaires encaissé, sans tenir compte de vos charges : 21,2 % pour les prestations de services commerciales, auxquels s'ajoute la contribution à la formation professionnelle de 0,3 %, soit 21,5 % au total.

Le point que beaucoup découvrent trop tard : les cotisations du micro-entrepreneur portent sur le chiffre d'affaires, pas sur le bénéfice. Un mois où le carburant explose, elles ne baissent pas d'un centime.

4. L'impôt et la CFE

Impôt sur le revenu — au barème après abattement, ou versement libératoire si vous avez opté pour lui — et cotisation foncière des entreprises, due chaque année à partir de la deuxième année d'activité.

Un exemple complet, à 4 500 € encaissés

Les montants ci-dessous sont un exemple de méthode, pas une promesse : remplacez-les par les vôtres.

PosteMontantCommentaire
Chiffre d'affaires encaissé4 500 €après commission des plateformes
Location du véhicule− 750 €formule tout compris, ordre de grandeur
Carburant− 550 €varie fortement selon les kilomètres
Cotisations sociales (21,5 %)− 880 €calculées sur le CA hors taxes
Reste avant impôt et CFE≈ 2 100 €avant impôt sur le revenu

Calcul hors TVA. Au-delà de 37 500 € de chiffre d'affaires annuel, la TVA collectée et la TVA récupérable sur les dépenses professionnelles s'ajoutent au calcul.

Ce montant n'ouvre aucun droit au chômage, ne génère aucun congé payé, et ne compte que faiblement pour la retraite complémentaire. C'est la différence de fond entre un revenu d'indépendant et un salaire.

Faire le calcul avec vos chiffres

Ce que change le passage en salariat

En entrepreneur-salarié, le calcul change de nature. L'argent encaissé sert d'abord à couvrir les frais professionnels réels, puis la rémunération est versée sous forme de salaire, cotisations patronales et salariales comprises.

Le résultat est mécanique : le montant net viré sur le compte est généralement inférieur à celui d'un micro-entrepreneur au même chiffre d'affaires, parce que les cotisations sont plus élevées. Ce que vous obtenez en échange, ce sont des droits : chômage, retraite de base et complémentaire, arrêt maladie indemnisé, congés payés, mutuelle et prévoyance — et des bulletins de paie qu'une banque accepte.

Comparer les deux uniquement sur le net en poche revient à comparer une voiture avec et sans assurance sur le seul prix d'achat. Le comparatif complet des statuts détaille ce que chacun apporte et coûte.

Questions fréquentes

Combien gagne un chauffeur VTC par mois ?

Il n'existe pas de réponse unique, et toute moyenne nationale est trompeuse : le revenu dépend du chiffre d'affaires encaissé, du coût du véhicule, du carburant et du statut. La méthode fiable est de partir de son propre chiffre d'affaires et d'en retirer les quatre postes qui le réduisent : commissions des plateformes, charges du véhicule, cotisations sociales et impôt.

Le chiffre affiché par Uber est-il mon revenu ?

Non. Le montant affiché dans l'application est le chiffre d'affaires encaissé, après commission de la plateforme mais avant toutes les charges du chauffeur. Le revenu réel s'obtient après déduction du carburant, du véhicule, de l'assurance, des cotisations sociales et de l'impôt.

Un chauffeur VTC paie-t-il la TVA ?

Au-delà de 37 500 € de chiffre d'affaires annuel (seuil de base 2026 pour les prestations de services), la franchise en base ne s'applique plus et le chauffeur devient redevable de la TVA. Le transport de voyageurs est soumis au taux réduit de 10 %. En contrepartie, la TVA payée sur les dépenses professionnelles devient récupérable.

Vaut-il mieux rouler plus ou rouler mieux ?

Les charges variables — carburant, usure, entretien — augmentent avec les kilomètres, pas avec le chiffre d'affaires. Deux chauffeurs au même chiffre d'affaires peuvent avoir plusieurs centaines d'euros d'écart en fin de mois selon le nombre de kilomètres parcourus pour l'atteindre.

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Faites le calcul sur vos vrais chiffres

Le simulateur part de votre chiffre d'affaires, de votre carburant et de votre véhicule.

Sources

Chiffres vérifiés le 26 août 2026. Les montants et taux évoluent : vérifiez à la source avant toute décision.